Lorsqu'on passe en revue les différents moyens de communication des chiens, il apparaît clairement que leur principal sujet de conversation tourne autour de la question : "qui domine qui ?". Cette question est tellement fondamentale qu'elle va influencer la plus grande partie des interactions, non seulement entre un chien et ses congénères, mais aussi entre un chien et son maître.
La question de la dominance est bien connue de la plupart des propriétaires de chiens qui savent que, s'ils veulent se faire obéir de leur animal, ils doivent exercer sur lui une certaine autorité. Malheureusement, cette notion est souvent mal comprise et confondue avec celle de rapport de force, d'agressivité. Résultat : soit les maîtres crient constamment après leur chien ou, pire encore, le frappent pour l'obliger à obéir, soit, ne voulant pas avoir ce type de rapport avec leur compagnon à quatre pattes, ils décident tout simplement d'abdiquer, et tant pis si celui-ci n'en fait qu'à sa tête. La première méthode, parfois préconisée par certains mauvais dresseurs (puisqu'il faut "casser" le chien) est non seulement cruelle mais souvent néfaste. Elle peut engendrer divers troubles comportementaux allant de l'agressivité, offensive ou défensive, à la prostration. Mais si les maîtres qui ont choisi la deuxième solution pensent rendre leur chien heureux en le laissant agir à sa guise, ils se trompent lourdement. En effet, lorsque l'on cède à ses moindres caprices, on place son chien dans une position bien inconfortable : celle de chef ; cependant, à d'autres moments, on exige qu'il obéisse comme un subordonné. Or, ces deux positions, chef et subordonné, sont incompatibles, ce qui va créer pour l'animal incompréhension et frustration. C'est la porte ouverte à toutes sortes de problèmes comportementaux. Pour tenter d'assumer sa position ou de soulager son inconfort, le chien peut, dans certains cas, adopter des comportements de défense, de fuite ou de compensation, qui sont jugés "indésirables" par le maître. Ce dernier risque rapidement de se désintéresser d'un tel animal et de l'abandonner.
La notion de hiérarchie sociale est pour le chien un concept fondamental qu'il est important de réhabiliter si l'on veut améliorer les relations entre les hommes et leurs compagnons canins. Méconnaître les lois qui régissent cette hiérarchie revient à nier la nature même de son animal et laisser libre cours à toutes sortes d'interprétations faussées par l'esprit des propriétaires, même bienveillants.
Et voici quelques règles de la hiérarchie:
Ces règles sont des règles de hiérarchie comme celles qui existent dans une meute de chiens. En tant que chef, vous vous devez de faire respecter ces règles, sinon votre chien ne tardera pas à vouloir prendre votre place. Ou encore, si vous n'assumez pas ce rôle de chef, il se verra obligé de prendre votre place même s'il n'est pas prédestiné à cette tâche. Avec toutes les conséquences désastreuses que cela peut avoir...
- Le chef de meute, l'alpha, dort où il veut et personne ne peut le déranger.
- L'alpha se trouve toujours (presque littéralement) à un niveau supérieur.
- L'alpha mange toujours d'abord. Les autres membres de la meute reçoivent les restes, à moins que l'alpha décide de les garder pour lui.
- La hiérarchie est le plus souvent établie par le jeu plutôt que par les bagarres.
- L'alpha gagne tous les jeux de force et de puissance.
- Tous les membres de la meute font place pour un supérieur.
- Un chien dominant passe toujours d'abord par un passage étroit. - Tous les membres de la meute montrent tous les jours la supériorité de l'alpha.
- L'alpha prend toutes les décisions dans la meute.
- Un chien inférieur va toujours vers un supérieur. Un supérieur ne va jamais vers un soumis, à moins que ce soit pour le corriger.
- Ignorer est le droit du dominant.
- Le dominant a le droit de donner des privilèges.